
L'acceptation
Lise se raconte
L'acceptation de cette épreuve m'apportera une sérénité et une paix intérieure qui
m'aideront à remporter ce dur combat. Je vais me calmer, la colère, ça ne donne
rien, mais parfois ça aide à y voir clair et à arrêter de se culpabiliser. Ce sont des
humains qui travaillaient sur ces dossiers… Et qui n'a pas commis d'erreurs au
cours de sa vie? Je veux être positive et penser que je vais m'en sortir.

23 août 2007 - jour de l'opération -J'ai très peur, je panique, je vomis bien avant
d'avoir l'opération. Je me sens comme une enfant. Je veux retourner chez moi.
Finalement, on me tranquillise. Comme j'ai seulement deux choix : " L'opération
ou… ", J'ai accepté d'être opérée…
On m'a enlevé la masse qui était de 9,4 cm. Il y avait 3,5 cm de cancéreux. On m'a
laissé mon sein presque intact. Autant c'était difficile d'entrer à l'hôpital, autant les
soins y sont donnés consciencieusement par le personnel. On m'a enlevé des
ganglions sous le bras. Sur quinze ganglions, il y en avait neuf de cancéreux. Je suis
retournée chez moi faire une petite convalescence avant le traitement de
chimiothérapie dans six semaines. On me donne des calmants pour la douleur du
dessous de bras. C'est ce qui est le plus souffrant. Mais la cicatrice guérit très vite et
j'aurai mon premier traitement le 2 octobre.

(Jeannette se raconte)
26 septembre 2007 - Je téléphone à ma fille le soir, n'ayant pas reçu de nouvelles
de la journée. Mon intuition de mère ne m'a pas trompée. Elle est en état de
panique. Demain on lui pose un tube pour la chimio. Elle n'y croit toujours pas…
C'est un cauchemar, ça ne se peut pas! Maman, j'ai peur, j'ai mal au cœur
seulement à y penser. Et le 2 octobre, on m'injectera ce poison… Je me sens au
bord d'un gouffre… J'ai seulement deux choix, qu'elle me dit en pleurant: " la chimio
ou? "
Je dois accepter, n'est-ce pas? Ce sera ma lutte contre ce terrible mal qui me
rongera l'âme autant que le corps.
Cette réaction, toutes les personnes atteintes du cancer l'ont sûrement vécue.
Pourtant la chimio, c'est le seul moyen de guérir. Ce sont de mauvais moments à
passer, surtout quand on a toujours eu une santé florissante. Ma petite fille aux
rubans roses sortira vainqueur de ce combat; elle saura apprécier la chance d'avoir
appris à penser à son je, car le je est l'appellation la plus importante du vocabulaire;
si on l'oublie, les autres appellations deviennent inutiles pour chacun de nous.

(Lise se raconte)
2 octobre 2007 - premier traitement de chimio.
Comme toutes les personnes qui ont subi ces traitements, je devrai accepter avec
courage les effets secondaires qui m'aideront à vaincre ce cancer. Je sais que j'y
arriverai. Je reçois beaucoup d'amour de mon entourage et beaucoup de pensées
positives m'accompagnent.
Après avoir reçu mon traitement, je retourne chez moi le même jour. Comme j'ai eu
beaucoup de calmants et différentes drogues, je suis presque euphorique... C'est
rien la chimio, que je me dis, ça fait pas mal! Je serais même prête à faire du
ménage, si ma sœur ne m'en dissuadait pas… Je suis une femme forte…La nuit
m'apporte beaucoup de réflexions. Comme je suis euphorique, je pense aux belles
choses de ma vie. L'amour de ma famille, mon succès au travail, mes nombreuses
amies qui m'ont écrit de belles pensées d'encouragement et d'amitié. Et les fleurs de
mon jardin qui m'émerveillent tous les jours. Chaque matin, le chant des oiseaux qui
me rappellent que les petites choses de la vie sont celles qui nous donnent le plus
de bonheur. Comment ne pas lutter pour retrouver ces petites joies qui font mon
bonheur. Mon rêve continue jusqu'à ce que le mal de cœur me rappelle que la lutte
commence. La nuit se termine… (Nous sommes le 3 octobre2007)
À suivre…