14 janvier 2008 -J'ai passé les premiers jours de cette nouvelle
année en réflexion sur le passé.
Je commence seulement à avoir un petit regain de vie. J'apprécie
mon fauteuil sur lequel je rêvais de m'asseoir lorsque je travaillais et
dans lequel je ne prenais même pas le temps de relaxer.
Je m'inquiète lorsque je pense à cette radiothérapie que je dois
commencer en février. J'ai peur de mal réagir, comme j'ai fait pour la
chimiothérapie.
Chassons les idées noires et vivons une journée à la fois.

15 janvier 2008 -Une compagne de travail m'a accompagnée au
centre de traitements de radiothérapie à Montréal. Elle connaissait
bien la ville puisqu'elle avait reçu des traitements à cet hôpital.
J'ai rencontré l'oncologue qui s'occupera de mes traitements. Il m'a
posé quelques questions, m'a examinée le sein et n'a rien dit d'autre.
Ma compagne et moi sommes allées visiter l'hôtellerie où sont logées
les personnes en traitement. C'est très bien aménagé là où j'habiterai
durant mon séjour. Je partagerai ma chambre avec une personne qui
reçoit le même traitement que moi. Je serai hébergée pour la
modique somme de quinze dollars par jour.
L'arrangement me convenait parfaitement et je décidai de demeurer
à cet endroit, pour éviter des voyages inutiles, en plus, avec la neige
qui ne cesse de tomber durant cet hiver très spécial.
Après cette visite, je retournai chez moi. Je devais descendre à
Québec, chez maman, passer quelques jours.
Un désappointement m'attendait : ma sœur Diane me téléphonait
pour m'aviser que le programme était changé et que nous devions
descendre le soir même, car maman était à l'hôpital.
Son médecin avait commandé l'ambulance, il redoutait un infarctus.
Maman était désappointée, elle qui avait tellement hâte de revoir sa
grande fille.
Nous ne nous étions pas revues depuis l'automne dernier, et j'allais
la visiter avant d'entrer à l'hôpital pour un mois.
Je me sentais stressée. S'il fallait qu'elle soit malade en même temps
que je reçoive mes traitements, j'aurais toujours peur qu'il lui arrive
quelque chose durant mon absence et ne plus la revoir.
J'ai couché chez Diane et le lendemain, elle nous attendait pour le
déjeuner! Vite, je m'habille, je suis bien heureuse, nous allons passer
la semaine ensemble.

16-17-18-19-janvier 2008 -C'est la belle vie, je séjourne chez ma
mère, chose inespérée. Après tout, hier, elle était à l'hôpital et
aujourd'hui, elle a soin de moi comme si j'étais une reine. Nous
avons passé une semaine extraordinaire dans la paix, en appréciant
la présence l'une de l'autre.
Mes cousines sont venues me visiter. J'ai reçu plein d'amour qui me
prouvait, une fois de plus, que cela valait la peine de combattre pour
survivre.

Le 20 janvier -Mon ex-mari est venu me chercher et je retourne chez
moi en attendant le mois de février pour la radiothérapie. J'apprécie
de ne pas souffrir. Je suis heureuse… Je ne croyais pas reprendre
goût à la vie après avoir été aussi malade.
30 janvier -J'ai un rendez-vous à l'hôpital Notre-Dame à Montréal,
pour marquer à l'encre les parties de mon corps qui devront être
traitées, soit le sein et le dessous du bras où sont situés les
ganglions cancéreux.
Il faisait tempête, ce qui m'encouragea d'autant plus à demeurer à
l'Hôtellerie pour la durée des traitements.

1 février 2008 vendredi -Après avoir fait quelques emplettes, je
reviens à temps pour voir la tempête s'élever.
Je suis assise dans mon salon et je relaxe avant de commencer la
radiothérapie, le 5 février.
De ma fenêtre, je contemple mon beau sapin couvert de neige. On
dirait qu'il a mis son pyjama pour l'hiver. Je remercie la Vie de me
donner une autre chance de guérir : une prière de reconnaissance
monte de mon cœur à mes lèvres,
merci mon Dieu pour la Vie que tu
nous as donnée, cette vie que je n'ai jamais autant appréciée."
À suivre…